Solidaire(s) !

La (re)découverte de la vente directe

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©Thierry Breton

Seuls, en famille ou regroupés entre voisins, nos agriculteurs ont trouvé des solutions pour continuer à vendre leurs productions. Ils s’appuient sur leur sens de l’adaptation et bien souvent sur les réseaux sociaux ! Tour d’horizon des initiatives prises sur nos territoires.

« Nous faisions déjà de la vente en direct à la ferme alors nous avons proposé à nos voisins Philippe Costes, éleveur de porc en plein air à Anthé et au domaine viticole de Thézac de déposer leurs produits chez nous. Les gens commandent sur Facebook puis viennent retirer leurs marchandises à la ferme. Nous constatons un vrai engouement et beaucoup de solidarité », se félicite Élodie Queyrel de la Ferme de Perricard à Montayral (viande bovine, chevreaux, poulets fermiers). Vertu ancestrale chez les agriculteurs, l'entraide s'est également manifestée dans le Monflanquinois. Cyril Orlando (ferme de Lacassenade à Paulhiac) et Claudine Calmette (fromagerie de Taticlo) se sont regroupés avec la ferme de Fléchou et l'Horizon des Bastides pour livrer leurs commandes sur des points relais répartis dans le secteur. « Une dame nous a spontanément proposé de créer une adresse mail commune pour nos commandes. Cela facilite la gestion ! », explique Cyril.

Plusieurs producteurs ont également choisi de livrer directement au domicile de leurs clients habituels ou nouveaux. C’est le cas de la famille Zamboni, maraîcher et exploitant agricole à Lusignan-Petit. « Nous avons contacté nos clients des marchés de Foulayronnes et Pont-du-Casse pour leur proposer des paniers à domicile ou à récupérer dans des lieux à des horaires bien précis. Nous avons aussi lancé un service de vente à la ferme et le bouche-à-oreille a bien fonctionné. Les commandes se font par téléphone ou mail. » L'outil numérique a donc été d’un grand secours pour rester en contact avec les clients et poursuivre l'activité malgré « une charge de travail supplémentaire et lourde », confie Lionel Zamboni (notre photo). « On attend quand même avec impatience la réouverture des marchés » confie Nathalie Rongy. Cette spécialiste du canard gras à Virazeil affiche une perte de 30 % de son chiffre d'affaires malgré ses livraisons à domicile.

Mais, en pleine saison des fraises, courgettes ou tomates, ces initiatives ont permis de sauver une partie des récoltes et de constituer une nouvelle clientèle. Le fraisiculteur de Sainte-Colombe-en-Brulhois, Jean-Luc Duffour (dit Popol) livre dans un rayon de 10 km autour de sa ferme. Ce rayon est de 20 km pour Laurent Airauto de l’Earl Des Rosiers au Fréchou. Comme beaucoup d'agriculteurs, il a dû changer son mode de fonctionnement et faire ses premiers pas sur le web. « C'est ma fille, étudiante à Paris, qui gère notre page Facebook. » Ce nouvel outil lui a permis de toucher une nouvelle clientèle et de se lancer dans la vente directe à la ferme alors qu'il travaillait essentiellement avec une coopérative auprès de la grande distribution. « Nous allons d'ailleurs poursuivre cette activité. »

Du côté d’Aiguillon, les maraîchers Isabelle et Fabrice Labarde ont multiplié par trois leur nombre de clients. « Nous avions anticipé en laissant nos coordonnées à nos clients des marchés d’Aiguillon, Tonneins et Estillac. Maintenant, nous livrons à domicile à Aiguillon, sous la halle d'Estillac… C'est un grand changement d'organisation car nous ne faisons plus que des paniers sur commandes. Désormais, on joue à la marchande avec mes enfants pour remplir les paniers avec nos légumes », sourit Isabelle Labarde.

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