« Nous sommes un groupe d’artisans
de la terre ». Voilà comment
se définit Benoît Chiambretto.
Si l’entreprise familiale, Sud Ouest
Légumerie Emballage, existe depuis
8 années à Villefranche-du-Queyran, il l’a
reprise il y a 3 ans. Nouvel axe, nouvelle
politique… ses choix vont en direction
des circuits courts (voire très courts) et
du développement d’une entreprise verte.
Aussi, il s’approvisionne uniquement en
pommes de terre lot-et-garonnaises. « Les
champs sont situés à 5 km de mon usine
de production. Les légumes sont ramassés,
conditionnés et distribués dans les collèges
en un temps record ! ». Les collégiens
consomment donc des pommes de terre
« hyper fraîches ! ».
100 % des « patates » utilisés proviennent
de l’exploitation de Nicolas Chabrerie
à Puch-d’Agenais. Une diversification
réussie pour ce producteur de céréales et de
tabac ! « L’année dernière, j’ai décidé de
changer de culture et j’ai choisi les pommes
de terre ». Aujourd’hui, sa production
est de 250 tonnes qu’il réserve à Benoît
Chiambretto. Ils travaillent aussi ensemble
« en collaboration étroite ». D’ailleurs,
depuis la mi-mars, la mise en culture des
champs a débuté. Plusieurs variétés ont été
plantées car elles ont toutes une spécificité
propre. La Carrera ou la Mona Lisa ont,
par exemple, une utilisation mixte ou
polyvalente. Elles peuvent devenir purée
ou frites ou encore être cuites à la vapeur.
C’est, au plus tard, en septembre que
Nicolas Chabrerie ramassera ses derniers
tubercules de la saison. Mais au fur et
à mesure de la récolte, il fournit Benoît
Chiambretto.
Aussi, toute l’année, ce dernier propose
huit gammes de produits : pommes de terre
entières, grenaille, en lamelles, potatoes, et
trois calibres de frites différents. Les chefs
cuisiniers des collèges les choisissent en
fonction du plat qu’ils veulent réaliser. Par
exemple, Philippe Granet, chef de Joseph-
Kessel à Monflanquin, prend régulièrement
des pommes de terre en lamelles pour
en faire des gratins. Il explique que ce
conditionnement, sous vide, de produits
frais, a de nombreux avantages. « Nous
n’avons pas à les nettoyer, il n’y a donc
pas de perte d’eau. Nous ne les épluchons
pas, alors nous gagnons du temps… ». En
effet, Benoît Chiambretto se charge de
nettoyer les pommes de terre, juste sorties
de… terre, de les éplucher, de les couper
et de les conditionner. Il livre alors aux
collèges des sachets de 3 kg. Du champ à
l’assiette, le circuit de la pomme de terre
est réellement très court !
Parole à Benoît Chiambretto, Gérant de Sud Ouest Légumerie Emballage
Sud Ouest Légumerie Emballage existe depuis plusieurs
années à Villefranche-du-Queyran. Depuis que vous
avez repris la société familiale, vous développez une
nouvelle politique. Pouvez-vous nous l’expliquer ?
Je m’intéresse plus particulièrement aux circuits courts,
voire très courts. L’exploitation de Nicolas Chabrerie,
qui est mon fournisseur de pommes de terre, est à
5 km de mon usine de production. On ne peut pas faire
plus proche. Nous travaillons ainsi main dans la main et à
flux tendus. Je suis capable de répondre très rapidement
aux commandes de mes clients et notamment des chefs
cuisiniers, de plus en plus friands de produits locaux ultra-frais.
Vous dites régulièrement que votre entreprise est une entreprise verte. Cela signifie
quoi ?
Tout d’abord, elle est « verte » car je veille à réduire au maximum les trajets de mes
produits, du champ à l’usine et de l’usine aux restaurants collectifs. Les process de
production et de livraison sont donc courts. Ensuite, je souhaite construire un nouveau
bâtiment de stockage et de conditionnement équipé de photovoltaïque. Il produira de
l’énergie verte grâce à la méthanisation des déchets et en particulier des épluchures
de pommes de terre.
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