Ce sont les vins de l’arrière pays comme le Brulhois qui ont contribué à la réputation des vins de Bordeaux.
Les Romains furent les premiers à y planter la vigne. Au XVIIIe siècle, la propriété fournissait à la Cour du roi Louis XVI un vin aromatisé au gingembre et à la rose. Jean Orliac, l’aïeul de la famille, vigneron, marchand et armateur expédiait alors son vin par la Garonne jusqu’en Martinique, d’où il faisait venir sucre et épices. Dix générations plus tard, Catherine et Isabelle Orliac s’attachent avec passion à renouer avec ce passé prestigieux, portant un soin attentif à la production de leur vin noir, comme la truffe, adoptant une stratégie de « vin de niche » pour valoriser au mieux la typicité de ce terroir.
Elles conduisent elles‑mêmes la vinification selon les principes de simplicité d’Émile Peynaud, ancien œnologue de château Margaux avec lequel elles ont eu l’occasion de travailler et ont réinventé la recette du vin aromatisé, qui s’était perdue. Aujourd’hui, il est à nouveau vendu à Versailles.
Élevés sur un terroir comparé au Pomerol lors du dernier salon Vinexpo, mentionnés dans le guide international Bettane & Desseauve, les vins des « deux sœurs en Aquitaine » séduisent. En novembre dernier, elles étaient invitées à les présenter à Hong‑Kong et Shanghai.
De quoi laisser entrevoir pour leurs vins des horizons encore plus lointains que ceux que leur avaient ouvert les gabarres de leur aïeul.

