Jusqu’alors spécialisée dans la conception
de canoës, de kayaks et de paddles de loisirs,
l’entreprise bon-encontraise Rotomod se lance
dans les bateaux de compétition.
Et pas n’importe quelle compétition puisqu’il
s’agit des Jeux olympiques de 2024.
En effet, l'équipe de France de kayak
participera aux épreuves de kayak-cross,
nouvelle discipline olympique, à bord d'une
embarcation « Made in 47 ».
Présentation
Spécialisée dans la
transformation du
polyéthylène par le
procédé du rotomoulage,
l’entreprise bon-encontraise
Rotomod est une référence
internationale dans la
conception, la production et la
commercialisation des canoës,
kayaks et stand-up paddles sous
ses marques propres DAG et
RTM. Alors qu’elle était
positionnée essentiellement
sur le canoë de loisir, Rotomod
s’est vu confier la mission
d’accompagner l’équipe de
France pour les prochains JO
de Paris 2024. « La Fédération
française de canoë s’était déjà
tournée vers nous en 2021 pour
la réalisation de kayaks pour
enfants (le squaly) et nous a
recontactés pour la conception
de bateaux de compétition pour
les épreuves de kayak-cross »,
explique Vincent Mas, président
de Rotomod.
Nouvelle discipline olympique
mêlant slalom et descente,
le kayak-cross fait partie
des épreuves ciblées par la
Fédération pour redonner à la
France sa place sur le podium
mondial après des Jeux de
Tokyo sans aucune médaille.
Une première pour la sélection
nationale ! « Après l’échec de
Tokyo, la Fédération a nommé
un nouvel entraîneur national,
Frédéric Rébeyrol. Elle a
aussi fixé l’objectif de deux
médailles d’or avec un bateau
100 % français réalisé en série
à partir de produits recyclés et
recyclable ! Frédéric est venu
nous voir en mai 2022 et il
souhaitait des plans définitifs
pour le 15 décembre », se rappelle
Damien Garreau, directeur
marketing de Rotomod lui-même
canoéiste.
Aimant relever ce genre de
défis, les équipes de Rotomod
partaient d’une feuille blanche.
« On ne voulait pas s’inspirer
des modèles de nos concurrents
anglais et tchèques. ». Elles
ont alors étroitement travaillé
avec les athlètes de l’équipe de
France, parties prenantes du
projet et premiers concernés !
« Ils voulaient un bateau rapide,
passant bien au-dessus des
rouleaux (ce qu’on appelle
une dépose dans le jargon
kayakiste) et stable sur l’arrière
avec des angles saillants pour
avoir une bonne accroche. Les
bateaux existant sur le marché
étaient plus destinés pour de
la rivière. On est donc parti sur
un prototype adapté au slalom
en confectionnant deux moules
différents selon les gabarits des
utilisateurs », souligne Vincent
Mas.
Conçu en Lot-et-Garonne, le
« Paname » a été testé grandeur
nature lors des sélections
nationales pour les JO qui se
tenaient fin avril à Vaires/
Marne, où siège la Fédération
française de canoë. Le succès a
été au rendez-vous ! « L’équipe
de France féminine s’entraîne
avec le Paname depuis le 17 mars
et lors des qualifications, notre
bateau a fait carton plein en
arrivant premier lors des finales
hommes et femmes ! Nous allons
aussi proposer ce nouveau canoë
aux clubs et comités régionaux.
Nous organiserons une journée
d’actions avec tous les clubs du
47 sur les Roches à Tonneins
pour présenter le Paname et
refaire du maillage local », se
réjouissent les responsables
de Rotomod. Ils comptent ainsi
surfer sur cette dynamique
pour revenir sur le marché
du bateau de compétition
et relancer leur activité à
l’étranger. L’année 2023 est donc
stratégique pour l’entreprise
de 86 salariés qui inaugure
aussi un nouveau bâtiment
sur le site de Bon-Encontre
(10 nouveaux collaborateurs
seront embauchés). Il accueille
un nouveau four de rotomoulage
destiné à répondre à une
demande croissante en sous-traitance
industrielle pour des
entreprises de la région.
Rotomod c’est aussi…