Solidarité

Ésat Agnelis

Travailler avec un handicap, c’est possible !

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150 personnes handicapées mentales et psychiques travaillent en milieu protégé.

Sur les hauteurs d’Agen à Foulayronnes, les nouveaux locaux de l’Ésat Agnelis (Établissement et service d’aide par le travail) accueillent 150 personnes handicapées mentales et psychiques. Depuis le 7 avril, elles s’y rendent tous les jours pour travailler.

« Ne cachons pas le handicap », martèle Stéphane Cornuault, directeur de l’Établissement et service d’aide par le travail (Ésat) Agnelis. Alors, le fait que les nouveaux locaux de la structure soient le long d’une départementale très fréquentée à Agen est une aubaine. Être au cœur d’une zone d’activités et proche des éventuels « employeurs » est un point fort. La mission première de l’Ésat est en effet l’insertion professionnelle en milieu ordinaire des personnes handicapées mentales et psychiques qu’elle accueille. « L’Algeei*, association dont dépend l’Ésat Agnelis, a choisi ce bâtiment car il se trouve à proximité de la ville. L’inclusion des personnes handicapées dans la cité est ainsi facilitée », explique‑t‑il.


Un emplacement idéal


Autre avantage du local : son implantation à mi‑chemin entre Laroque‑Timbaut et Roquefort, les deux communes de résidence des personnes hébergées en foyer, grâce au concours financier du Département, et qui travaillent à l’Ésat.


« Jusqu’alors elles travaillaient et habitaient au même endroit ce qu’aucune personne ne souhaite aujourd’hui. Par ailleurs, la localisation des sites, éloignés d’un village, compliquait l’intégration », poursuit Stéphane Cornuault. Aujourd’hui comme tous les salariés, elles peuvent dissocier vie professionnelle et vie privée. Pour faciliter leur déplacement, l’Ésat Agnelis a mis à leur disposition un bus. Une réflexion est également en cours avec l’Agglomération d’Agen qui gère le réseau de transport collectif de l’Agenais.


Le « paradoxe Ésat »


Lieu de travail différent, nouveaux horaires, déplacement en bus… des changements parfois synonymes de stress ou d’anxiété. Mais quelle satisfaction d’utiliser des ateliers flambants neufs ! Ceux de Lamothe‑Poulin à Laroque‑Timbaut et de Pomaret à Sainte‑Colombe‑en‑Bruilhois étaient devenus inadaptés. Pour réhabiliter l’ex‑magasin Arména, « nous avons tenu compte des avis et remarques des futurs utilisateurs. Ils étaient les plus à même de dire comment l’espace devait être agencé pour être le plus fonctionnel possible. » Ateliers, local de stockage, partie administrative, zone médicale, coin restauration… autant d’espaces bien délimités tout en étant intimement liés. Les architectes Karine Carmentran et Jean‑Pierre Toïgo ont cerné le « paradoxe Ésat ». Les 3 800 m2 du local sont ainsi devenus « lieu d’accueil et chaleureux » et « lieu de production ».


« Nous avons deux missions indissociables. Une mission médico‑sociale : veiller au bien‑être des travailleurs et les valoriser par le travail. Une mission économique : effectuer les tâches confiées par les entreprises ou les collectivités. C’est notre objectif. » Et la force d’Agnelis est d’être diversifié : conditionnement pour l’industrie, étiquetage, lavage de véhicule, impression et façonnage de papier, espaces verts… Entre faire du social et rechercher le profit, l’Ésat a trouvé le juste équilibre. Stéphane Cornuault est persuadé que « travailler avec un handicap, c’est possible ».


* Association laïque de gestion d’établissement d’éducation et d’insertion.


Hébergement des personnes travaillant en Ésat