Après une première édition réussie en 2023,
au-delà même des attentes des organisateurs,
la Marche des fiertés revient le 18 mai à
Agen. Portée par un collectif d’associations
(Fiertés 47, La Mèche, Le Refuge, Le planning
familial et Aides), elle revendique la liberté
et l’égalité des orientations sexuelles et des
identités de genre.
La Marche des fiertés
du 18 mai démarrera
place Jasmin, avec de
nombreuses animations (stands
de maquillage, de tatouage…).
Objectif : préparer la déambulation
dans les rues. Elle sera festive,
colorée et revendicative. « Nous
sommes partis un peu dans
l’inconnu pour la 1re édition, mais
avec l’agréable surprise d’accueillir
un millier de personnes ! Cette
réussite a attiré la curiosité
de certaines collectivités ou
partenaires sociaux qui seront
présents cette année. Ils tiendront
notamment des stands au village
associatif à Jasmin. Le grand
public et plus spécifiquement
celui LGBTQIA+ pourra s’informer
sur la formation ou la prévention
et rencontrer par exemple
SOS Homophobie », détaille
Romain Amiot, coordinateur du
Collectif Pride 47 et secrétaire de
l'association Fiertés 47.
L’édition 2023 a permis d’envoyer
un signal fort à la communauté
LGBT du Lot-et-Garonne : la
possibilité de vivre tel qu’on
est, même en milieu rural. « Le
message est aussi de dire, vous
n’êtes pas seul(e)s. Les jeunes
ne sont pas obligés de partir à
Bordeaux ou Toulouse et peuvent
rester, et s’amuser ici », ajoute-t-il.
Un message partagé par d’autres
membres de l’association Fiertés
47 comme Anthony Guérin. Ce
trentenaire, ancien employé du
monde de la mode (Montpellier,
Paris, Barcelone, Shangaï) désirait
changer de vie pour rentrer
« chez lui » et se rapprocher de
la nature avec son compagnon
rencontré sur les bancs du lycée
à Marmande. Aujourd’hui, il est
producteur de fleurs coupées et a
participé à la 1re Marche des fiertés
l’année dernière. « Cela nous a
rassurés de voir par exemple que
les commerçants jouaient le jeu.
Les choses ont changé en Lot-et-Garonne depuis cette marche »,
témoigne celui dont l’alias est
semeurcueilleur sur Instagram ou
Facebook. Il a décidé de rejoindre
l’association Fiertés 47 afin de
faire bouger les lignes.
Reconnaissant « avoir toujours
bénéficié d’un soutien amical
et familial », il souhaite aussi
partager son expérience et son
parcours avec les plus jeunes
n’ayant pas la même attention
alors que l’homophobie existe
encore.
C’est justement l’une des
missions de la jeune association
qui compte une soixantaine
d’adhérents, vivant en milieu
urbain mais aussi rural. Derrière
la vitrine que représente la
Marche des fiertés, elle agit sur
le terrain en organisant des
rendez-vous mensuels ouverts
à tous autour de thématiques
fortes comme le coming-out.
« Nous avons rencontré près de
300 personnes en un an avec des
échanges constructifs. Certains
participants ont pu profiter de
conseils pour annoncer ensuite
leur coming-out à leurs familles »,
souligne Romain Amiot, facteur
de profession et ardent défenseur
de la cause LGBTQIA+ et de sa
terre lot-et-garonnaise.
C’est d’ailleurs en organisant des
permanences sur tout le territoire
que Fiertés 47 a pu se rapprocher
de lieux comme le bar L’art est
public à Villeneuve-sur-Lot où une
trentaine de personnes originaires
du Nord du département se
retrouve dans ce lieu ouvert à
toutes et tous. « À force de créer
des espaces et des rendez-vous
comme à Villeneuve, on montre
qu’on existe, qu’on est là et que
les mentalités changent petit à
petit. On défend et on aime notre
territoire ! », ajoute Romain qui
vient d’être contacté par le comité
des fêtes de Saint-Laurent pour
organiser une soirée baptisée « La
fierté est dans le pré ».
Cette évolution des mentalités,
à l’écart des grandes villes, a
aussi permis à Manon et Aurore
d’aller au bout de leur rêve en
ouvrant le restaurant Kitchen
Factory au centre-ville d’Agen où
est scolarisé leur jeune fils. « On
avait un peu de crainte au début
étant un couple de femmes avec
un petit garçon, mais ça se passe
très bien. En un an, les mentalités
ont changé et l’on se sent moins
seules. Avec la Marche des fiertés,
plein de gens sont sortis de chez
eux et ont créé des groupes, des
échanges. Cela prouve que la
communauté peut vivre, même
loin des grandes villes », confie
Manon, une Marseillaise tombée
amoureuse d’une Agenaise
(Aurore) il y a 12 ans et qui ne
pensait pas venir vivre un jour
en Lot-et-Garonne. Totalement
épanouies, les deux femmes
rejoindront, le 18 mai, la Marche
des fiertés dès la fin du service de
leur restaurant faisant la part belle
aux produits locaux et de saison.
Le mot de Marylène Paraillès