Gérard Maurin est un
pionnier ! Il a planté sur son
exploitation à Villebramar
quasiment 3 km de haie à la
fin des années 1990. « Lorsque
j’étais gamin, il y avait des
haies partout. Puis petit à
petit, elles ont été arrachées.
Alors dès que j’ai pu, j’en ai
plantées le long des fossés, aux
extrémités de mes champs...
Elles jouent parfaitement leur
rôle de coupe-vent et d’abris
pour la faune. J’aurais aussi
dû en planter au milieu des
champs, cela aurait évité le
ruissellement des eaux de
pluie sur les terres qui sont en
pente », regrette le maraîcher.
Il avoue qu’une haie demande
de l’entretien (coupe des bois
morts notamment), mais que
c’est joli au printemps lorsque
les lilas sont en fleur…
« Le meilleur moment pour
planter un arbre était il y a
20 ans. Le deuxième meilleur
moment est maintenant. »
Charles Poilly, paysan-boulanger
et responsable de
l’association Emmaüs Le Maquis
à Moncrabeau, aime citer
ce proverbe chinois. Planter
aujourd’hui est l’assurance que
les futures générations profitent
des bienfaits de ces barrières
végétales. Car « une haie rend
plein de services. On s’en rend
compte avec l’effondrement
de la biodiversité, avec les
vents séchants en plein été…
De plus, il faut remettre un peu
de poésie dans nos champs »,
explique-t-il. Alors depuis
2023, la communauté a déjà
planté près de 1,7 km de haie et
« l’idée est de continuer chaque
année. » La ferme qui est aussi
un lieu d’accueil, de formation et
d’intégration pour les personnes
fragiles a deux activités
principales : la culture de blés,
leur transformation en farine
et en pain, et la production de
semences potagères.
« Planter des haies et des
arbres permet de favoriser
la biodiversité dans les
espaces agricoles ou naturels,
de lutter contre l'érosion des
sols, d’améliorer l'infiltration de
l'eau, de valoriser les continuités
écologiques et de s’adapter face au
changement climatique. À travers
le dispositif L'arbre dans le paysage
rural, le Département aide les
agriculteurs, les communes et les
particuliers à planter ces barrières
naturelles. L’actualité nous montre
régulièrement que nous avons
raison d’agir dans ce sens ! »
Danielle Dhélias,
Vice-présidente en charge de
la Ruralité, du Développement
durable et de l’Environnement
13 586
En 2023, on dénombrait en Lot-et-Garonne 13 586 km de haies répartis sur 173 805 linéaires.
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Naturellement 47
L’arbre dans le paysage rural
La haie, à la mode de chez nous
Les scolaires de la commune de Cuq ont participé à la plantation
d'une partie des 1 000 mètres de haie. — Dép. 47
— Dép. 47
Le Département soutient la plantation d’arbres et de haies à travers
son programme « L’arbre dans le paysage rural ». À ce jour, près
de 225 km de haies sont sortis de terre. À l’heure du changement
climatique, ces barrières naturelles ont de multiples pouvoirs :
stabilisation des sols, absorption de CO2, climatisation naturelle,
action sur la biodiversité, protection des cultures… Lutter contre leur
disparition est primordial.
Acteur de la protection
des espaces naturels
et du développement
durable, le Département est
un fervent défenseur des
haies champêtres notamment
au travers du programme
« L’arbre dans le paysage rural »
(ADPR). Grâce à son action,
quelque 225 km de haies ont
pu être (re)plantés par des
agriculteurs, des communes et
des particuliers1. Pour mettre en
place ce dispositif qui contribue
à l’atteinte des objectifs de
son Plan « poumon vert »
lancé en 2021, le Département
travaille en collaboration avec
la chambre d’agriculture, mais
aussi avec les techniciens
de l’ACMG 47 (Association
climatologique de moyenne
Garonne) et de la fédération
départementale des chasseurs.
Planter une haie demande de
respecter certaines conditions
et d’avoir une connaissance
complète de l’environnement :
zone géographique (sa position
par rapport au vent, la nature
du sol…), une connaissance
de la présence de telle ou telle
espèce (animaux, insectes,
champignons…), méthodes de
protection (paillage, barrière
contre les animaux…), etc. En
fonction de leurs analyses,
les techniciens proposent
l’implantation d'une dizaine
d’essences locales2 les mieux
adaptées à l’emplacement.
Mixer les essences a, en effet,
plusieurs objectifs : obtenir un
rendu naturel, créer un milieu
favorable à la biodiversité
environnante et échelonner
les floraisons pour fournir
de la nourriture tout au long
de l’année aux insectes
pollinisateurs…
Lors de la plantation (au
minimum 150 mètres de
linéaire pour les agriculteurs
et 200 mètres pour les
particuliers), les communes
associent en général les
scolaires, voire les habitants.
L’idée est de sensibiliser les
jeunes générations aux rôles
des haies, arbustes et arbres
dans l’environnement.
1) Sous conditions. Voir le régime
d’aide
2) Une liste de 70 variétés adaptées
aux conditions climatiques de
la région et préconisées par le
Département est disponible
facilement auprès des pépinières.
Voir la liste
et pour les fruitiers anciens voir
catalogue sur domainedebarolle.fr
Plus d’info sur le Plan « Poumon vert » du Lot-et-Garonne
Liste des essences préconisées dans le département : lotetgaronne.fr