C’est à Ferrensac que se trouve
l’un des producteurs de graines
de courges bio de France. Sur ce
marché de niche, la fratrie De
Lamarlière est la dernière installée.
« Nous avons débuté en 2018
avec 30 hectares. Aujourd’hui, on
cultive des courges à graine sur
400 hectares », précise Paul. Cette
variété a la particularité de donner
des graines sans coque. C’est
pratique ! Cela évite du déchet
et de la manutention. Dans la
famille, chacun a son rôle. Hugo,
le grand frère, est à la production.
Il sème, prend soin et récolte les
cucurbitacées dans le respect
des sols et de la plante. « Pas de
produits chimiques mais seulement
du désherbage mécanique
ou à la main », poursuit Paul qui
s’occupe avec sa soeur Élise de la
transformation, de la torréfaction,
de l’ensachage et de la commercialisation
des graines. Dans leur
laboratoire, ils ont concocté les
« recettes » avec un ami, cuisinier
et pâtissier. « Nous proposons des
graines à croquer sucrées, salées,
pimentées ou au curry. La graine
de courge est riche en protéines,
anti-oxydants et acides gras essentiels.
Elle contient aussi beaucoup
de magnésium. » Ce « super
aliment » est commercialisé dans
les magasins bio de Villeréal, Castillonnès
et Bergerac, mais aussi
auprès de grossistes. La marque
Les graines des bastides est bien
évidemment disponible en ligne
où l’on retrouve les autres produits
de la ferme : beaucoup de farines,
des pois chiches et des lentilles
vertes. Chez les De Lamarlière, la
graine est une histoire de famille
depuis 1986.
Les graines des bastides,
2 236 route de Montaut,
47330 Ferrensac.
06 76 32 74 81 /
www.grainesdesbastides.fr
La Bio en Lot-et-Garonne, c’est…
15,3 % des surfaces agricoles cultivées en agriculture biologique, soit 43 000 hectares (supérieur à la moyenne nationale et régionale)
1 081 exploitations certifiées bio
Label Territoire bio engagé :
• 16 communes labellisées : Villeneuve-de-Duras, Saint-Quentin-de-Duras, Monflanquin, Montayral, Penne d’Agenais, Sainte-Sylvestre-sur-Lot, Villeneuve-sur-Lot, Pujols, Montpezat, Clairac, Lacépède, Laugnac,
Frégimont, Port-Sainte-Marie, Bazens et Lamontjoie
• La communauté de communes du Confluent et coteaux
de Prayssas
• Le Département
Label Établissement bio engagé :
• 3 communes : Villeneuve-sur-Lot, Pujols et Montpezat
• 7 collèges
Pour valoriser les femmes et les hommes qui s’engagent dans la
production biologique et soutenir la consommation des produits
bio locaux, le Département co-organise avec Interbio (association
interprofessionnelle bio de Nouvelle-Aquitaine) la 2e semaine
de la Bio du 20 au 25 novembre. C’est l’occasion de présenter
un milieu en perpétuel évolution et innovation. Pépiniériste,
producteur de graines de courges, menu dans les cantines scolaires…
les nouveautés vont bon train.
Découverte
Pépinière au Passage
En octobre 2022, Vincent Bareyre
(33 ans) ouvre sa pépinière bio
Terra’Terre au Passage avec l’aide
à l’installation du Département
(lire page 17). « J’ai toujours été
passionné par les arbres… et puis je
souhaite participer à la réduction
de l’emprunte carbone, faire un
geste pour la planète… » Alors
en 2021, il quitte son emploi de
responsable d’atelier de production
d’implants dentaires dans le
Tarn-et-Garonne. Il effectue de
nombreux stages en France auprès
de pépiniéristes. Il reprend aussi le
chemin de l’école au lycée agricole
de Sainte-Livrade. À la fin de son
année scolaire, il part se former
en Ariège chez un pépiniériste
bio. « Il m’a appris le cycle naturel
de l’arbre et les caractéristiques
du sol. » Son projet se construit
petit à petit, puis tout s’accélère
lorsque son père va chercher du
fumier chez un producteur de
vaches laitières au Passage. « Il lui
confie vouloir arrêter son activité
et chercher un repreneur pour
son exploitation. Cela a été une
belle aubaine pour moi ! J’ai donc
repris la propriété et 3 hectares
de terre », se félicite Vincent. À
seulement 10 minutes d’Agen,
elle est lovée dans un havre de
paix, en pleine nature. Même les
nouvelles infrastructures du pont
de Camélat, à l’horizon, se fondent
dans le décor.
Pour l’instant, Vincent a planté
8 000 arbres fruitiers, de variétés
anciennes ou rares, sur 0,5
hectare : pêchers, pommiers,
poiriers, pruniers, cerisiers,
abricotiers, nashis, plaqueminiers
(arbre à kaki), etc. « 1 600 sont déjà
commercialisables. D’ailleurs,
j’en proposerai le 25 novembre
lors du marché Bio qui aura lieu
au Conseil départemental. » Il
complète aussi sa collection avec
des arbustes à petits fruits comme
les groseillers, framboisiers
et cassissiers. « Je suis assez
satisfait de ma première année.
Le bouche-à-oreille commence à
fonctionner. J’ai même des clients
en Bretagne. Et puis, je travaille
pour moi ! » Il est libre comme
ses poules et ses moutons qui
œuvrent sur l’exploitation, car
chez Vincent pas de produits
chimiques : tout est naturel.
« Ce qui donne des plantations
hétérogènes. » On est loin de la
standardisation et du chacun pour
soi. « Je fais partie d’un forum
digital très communautaire. On
s’entraide beaucoup. On s’échange
des conseils par exemple sur
les maladies des arbres ou sur
le greffage. On partage nos
expériences… » Vincent se sent
bien dans ce monde bienveillant
et bon enfant. Volontaire, il gère
son exploitation de main de
maître. « Pour ne pas épuiser le
sol, j’effectuerai des rotations sur
d’autres terres de la propriété
tous les quatre ans. » Terra’Terre
est une pépinière vivante et en
mouvement où tout le monde
est le bienvenu. « Nous avons en
projet d’ouvrir un gîte en 2024.
Je suis en train d’aménager
le bâtiment... », confie-t-il. Les
prochains vacanciers seront en
immersion totale dans l’une des
rares pépinières bio de France.
La Pépinière Terra’Terre, chemin
de Bigourdas, 47520 Le Passage.
Ouvert tous les jours sur rendez-vous
au
06 25 95 84 49 /
www.lapepiniereterraterre.frGraines de courges à croquer