Le vrai du faux

La gemapi* est suffisante pour amortir les crues

FAUX


La GEMAPI est souvent présentée comme l’outil clé de prévention de lutte contre les crues et inondations. Mais entre moyens limités et transferts de charges, ce dispositif reste insuffisant pour répondre pleinement aux enjeux.

Territoire fortement exposé, le Lot-et-Garonne subit, comme encore récemment, les crues de la Garonne et de ses affluents. Depuis 1998, la Gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI) a été confiée aux intercommunalités, qui l’exercent via 22 structures, syndicats de bassins versants ou EPCI.

Leurs missions sont larges : entretien des cours d’eau, aménagement des bassins, protection des zones humides ou encore lutte contre les inondations. En complément, le Département soutient depuis plus de 25 ans les travaux en rivière, aux côtés de l’Agence de l’eau Adour-Garonne et de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Mais ces efforts ne suffisent pas. Le transfert des digues de l’État vers les intercommunalités, engagé en 2024, cristallise les tensions. Sans accompagnement financier adapté, les coûts explosent : le Conseil national d’évaluation des normes les estime à 15 milliards d’euros au niveau national.

Dans ce contexte, la taxe GEMAPI apparaît largement insuffisante. Elle ne permet ni de couvrir les besoins réels ni d’assurer une solidarité entre territoires, notamment entre l’amont et l’aval des bassins.

Résultat : malgré un cadre structuré, la GEMAPI reste aujourd’hui un outil nécessaire mais inadapté à l’ampleur croissante du risque d’inondation.

La présidente Sophie Borderie a écrit au Premier ministre en ce sens au sortir du dernier épisode de crues qui a fragilisé plusieurs ouvrages.

* Gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations