L’histoire des entreprises est souvent racontée à travers les exploits et les réussites de figures masculines, laissant, parfois, dans l’ombre celles qui ont marqué des tournants décisifs dans de nombreux secteurs. Pourtant de nombreuses femmes ont relevé des défis immenses, surmontant des obstacles sociaux, économiques et culturels pour créer des entreprises innovantes ou redéfinir les règles de l’entreprenariat. Le 5 mars à l’Agropole, la présidente Sophie Borderie a tenu à rendre hommage à ces femmes cheffes d’entreprise qui ont su briser des plafonds de verre. Huit d’entre elles ont répondu à l’invitation et ont pris, tour à tour, la parole pour faire part de leur expérience de femmes dans un milieu encore très masculin. Si elles ont toutes des parcours de vie différents, elles ont en commun cette volonté de prendre en main leur destin, comme une évidence. Elles ont aussi en commun la persévérance, la volonté, la créativité, la volonté de changer les choses. Toutes ont fait preuve d’audace et ont, parfois, voire souvent, douté. Elles s’accordent à dire que pour « oser entreprendre », il faut être soutenue. Par exemple, Carole Capes-Montigny, créatrice de L’Eggstra à Casteljaloux, a pu compter sur ses sœurs, et Samia El Kadi, fondatrice de Cocon cosmétiques (lire page 3) à Port-Sainte-Marie, sur sa famille et son entourage. En Lot-et-Garonne, elles peuvent aussi compter sur des réseaux « business » féminins. La créatrice de collectifs, Magalie Nay anime avec dynamisme (Re)BTP (Rebond de bouge ta boîte) et Drôles de dames. Son rôle : libérer la parole, évoquer les difficultés ou les doutes, partager des expériences, trouver des solutions… L’expression « l’union fait la force » prend ici tout son sens. L’émulation collective est bien un moteur pour avancer et ne pas se décourager. La dynamique féminine est bien là ! Elle est enclenchée comme le souligne Nathalie Barrère, présidente de Perles de Gascogne à Pujols. Mais être cheffe d’entreprise, c’est aussi surmonter des obstacles et notamment les difficultés d’accès au financement. Sur ce sujet, Marylène Paillarès, vice-présidente du Département en charge du sport, de l’égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations, rappelle que « deux-tiers des questions posées aux hommes s’intéressent au potentiel de développement de leur entreprise. Pour les femmes, les deux-tiers des questions se focalisent sur les risques et la protection des investisseurs. On demande aux hommes de gagner, aux femmes de ne pas perdre ». En contournant les circuits traditionnels, en s’appuyant sur des modèles plus collaboratifs ou en explorant des financements alternatifs, elles bâtissent un modèle qui leur ressemble. Par exemple, Élodie Sauvage-Férezin, cofondatrice du Hang’Art (restauration solidaire en coopérative) a été lauréate de deux dispositifs de financement participatif mis en place par le Département. Le Budget participatif citoyen (BPC) lui a permis d’acquérir un bus et le programme Yuzu d’acheter des casiers connectés, « dans une logique anti-gaspillage alimentaire ». Loin de se limiter à la rentabilité, son projet intègre une dimension sociale et environnementale. Nos cheffes d’entreprise utilisent leur pouvoir de décision pour influencer et promouvoir l’inclusion et les circuits courts. Carole Capes-Montigny travaille ainsi avec l’Esat de Foulayronnes (Établissement et service d’accompagnement par le travail) pour conditionner ses produits. Anne-Hélène Vialaneix, Grand Nez Spirits à Nérac, Stéphanie Cauty, Les vergers de Titoy à Bazens, et Nathalie Barrère utilisent des matières premières locales pour « leurs recettes ». Cette proximité permet également de créer du lien avec les clients. « Les gens aiment venir directement à la boutique. Ce besoin de contact est prépondérant en milieu rural », observe Stéphanie. Parfois pionnières, ces femmes sont inspirantes pour les futures générations. « C’est une responsabilité ! Il faut leur montrer que c’est possible mais sans leur mentir. Oui, cela sera difficile mais c’est possible », conclut Alexandra Frégonèse, créatrice des laboratoires Innovi à Layrac.
ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES, UN COMBAT DE CHAQUE INSTANT
Depuis son arrivée à la présidence du Département en 2019, Sophie Borderie a fait de l’égalité femmes-hommes, une grande cause départementale. Tout au long de l’année, cela se traduit par de multiples initiatives portant sur les thématiques « Protéger », « Éduquer », « Transmettre » et « Sensibiliser ».
Par ailleurs, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, le Département édite un ouvrage agrandissant sa collection « Femmes lot-et-garonnaises ». Le tome 2026 porte sur les cheffes d’entreprise.
Collection Femmes lot-et-garonnaises : découvrir
Conclusion
La présence des femmes dans l’entrepreneuriat est un moteur économique
puissant. Selon un rapport de l’Onu, les entreprises dirigées par des femmes
génèrent en moyenne 20 % de retour sur investissement en plus que celles
dirigées par des hommes. L’impact du leadership féminin se mesure aussi sur
le terrain de l’innovation sociale et environnementale. Mais, si l’entrepreneuriat
féminin a progressé, l’heure n’est pas encore aux victoires définitives.
Le chemin vers l’égalité est encore long.
Les actions Égalité femmes-hommes : découvrir
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