Depuis plusieurs mois, nous sommes entrés en résistance contre un État qui, année après année, étrangle les finances des Départements.
En avril, à l’occasion du vote du budget, j’ai fait le choix, avec le soutien des élus, de porter le fer dans la plaie en inscrivant une recette exceptionnelle de 20 millions d’euros, attendue de l’État. Cette somme correspond à une partie de la compensation que celui‑ci nous doit au titre des trois allocations de solidarité nationale (APA, PCH, RSA), que nous attribuons pour son compte.
Ce défaut de paiement auquel s’ajoute une baisse inédite des dotations de l’État nous a entraînés dans une impasse budgétaire, que la qualité - reconnue - de notre gestion et nos économies de fonctionnement n’ont pu éviter.
Nous subissons ainsi de plein fouet les conséquences de diktats parisiens imposés à l’aveugle, sans considération des disparités existant entre territoires. En effet, au contraire des départements littoraux et métropolitains, le Lot‑et‑Garonne ne dispose pas de recettes suffisamment dynamiques et souffre de fragilités liées au vieillissement de sa population et à un taux élevé de pauvreté. C’est d’ailleurs pour éviter de faire payer aux Lot‑et‑Garonnais l’incurie de l’État que nous avons jusqu’alors refusé l’option de l’augmentation de la fiscalité et n’avons donc pas augmenté le taux départemental de la taxe sur le foncier bâti depuis 8 ans.
En adoptant un budget « sans équilibre réel », nous avons voulu dénoncer cette injustice, tout en réclamant une solution urgente pour refonder le système de financement des prestations sociales. Ce combat que nous portons sur la place publique dépasse notre propre situation car, aujourd’hui, une quinzaine de départements se trouvent dans le même cas.
C’est pourquoi, j’ai pris l’initiative d’en appeler solennellement au président de la République qui a exprimé, dès sa prise de fonctions, sa volonté de résorber les fractures territoriales.
Au seuil de son mandat, je forme le vœu qu’il entende notre voix et pose les bases d’un nouveau contrat de confiance entre l’État et les collectivités permettant de conforter, comme il s’y est engagé, la place des départements ruraux.

