Économie

SAPA À DAMAZAN

Le Département soutient les créateurs d’emplois

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À Damazan, la Sapa embauchera bientôt 17 salariés.

Le pôle d'activités de la Confluence à Damazan attire les investisseurs et son dynamisme n'est plus à démontrer. Pour preuve, il lui aura fallu seulement trois ans pour « faire le plein ». Aujourd’hui, il s'étend sur 54 hectares supplémentaires. La Société aiguillonnaise de promotion agricole (Sapa) investit plus de 8,2 millions d’euros dans une station fruitière. Cette entreprise, soutenue par le Conseil général, créera bientôt 17 emplois.

Dans un contexte économique atone rencontrer Bruno Rouquette, PDG de plusieurs plates‑formes fruitières, est du nectar. Vitaminé au fruit de la passion, fort d'un atavisme familial qui lui a transmis sens du devoir et du travail, il a bâti en moins de trente ans une entreprise qui ne connaît pas la crise, ou du moins qu’il sait gérer. C’est également rassurant de percevoir l'enthousiasme d'un quadra responsable, proche de ses salariés, maître chez lui. Ses forces : une connaissance et une maîtrise de son entreprise et surtout un sens inné de l’anticipation. Ce don le pousse à investir au bon moment et au bon endroit. Il développe son activité et crée des emplois. En 2014, il recrutera pas moins de 17 personnes. Aujourd’hui, il est à la tête de trois sites : SA Sapa à Aiguillon, SAS Garonnaise fruitière à Port‑Sainte‑Marie et SA Sapa Damazan. Au total, 55 chambres froides.


Tout a commencé en 1993, lorsque, alors jeune homme, il quitte le giron « Rouquette » en Tarn‑et‑Garonne pour « investir » le Lot‑et‑Garonne. Il rachète la Capa à Aiguillon et la renomme Sapa (Société aiguillonnaise de promotion agricole). Le corps de métier de cette société : le stockage, le conditionnement et la commercialisation de fruits majoritairement issus de producteurs lot‑et‑garonnais. Au fil du temps, il développe la structure et la spécialise dans la vente de kiwis, de pommes, de melons, de fraises. Elle emploie aujourd'hui 47 employés en Équivalent temps plein et affiche un chiffre d'affaires de 25 millions d’euros. Une belle taille ! Mais une taille cependant insuffisante « pour attraper » certains marchés et notamment ceux du Sud‑Est asiatique et de l’Amérique du Sud.


Aussi, afin de développer ses ventes à l'export à hauteur de 40 à 50 % de son chiffre d'affaires dans les cinq années à venir, il a décidé de construire une station fruitière performante et adaptée aux exigences actuelles. Un investissement important de 8,2 millions d’euros. Les pouvoirs publics le soutiennent dans ce projet porteur pour le Lot‑et‑Garonne. Au Conseil général, « il était évident que les élus appuieraient un tel projet porteur d’emplois (aide à hauteur de 100 000 €) », précise Jacques Bilirit, vice‑président en charge du Développement économique. La Région Aquitaine est sollicitée pour 400 000 € et l'Europe, au titre du Feader, pour 250 000 €. Le compte est vite fait : Bruno Rouquette n'a pas eu peur et « a mis le paquet ».


Pari risqué ? Il ne le croit pas. C'est pourquoi il a bâti un projet « top » dédié à la pomme dont l'activité a débuté le 1er avril. Sur un terrain de 30 000 m2, se dresse maintenant une plate‑forme composée de deux bâtiments. Le premier d’une surface d'environ 2 800 m2 accueille 14 chambres froides (de 1 630 m3 chacune) en atmosphère contrôlée. Cette technique permet de conserver plus longtemps les fruits en ralentissant le mûrissement afin de pouvoir expédier les pommes en s'adaptant aux besoins du marché. La seconde structure, dit « bâtiment d'exploitation » (environ 4 900 m2), regroupe une salle de précalibrage avec trois chaînes distinctes, une salle de conditionnement, une chambre froide d'expédition et une zone de stockage d'emballages.


Ce projet est un pari sur l’avenir. Bruno Rouquette a la foi. Il croit en l'excellence et aux changements de consommation. Il espère qu’elle ne sera plus basée sur le quantitatif et les normes, mais bien sur le qualitatif et le gustatif. Un léger frémissement est en train de se faire sentir… « Grâce à cet investissement, nous allons pouvoir traiter plus de 10 000 tonnes de pommes par an contre 6 000 actuellement et développer des volumes de pommes commercialisées sous le label AB, Agriculture biologique. Maîtrisant totalement le processus de la réception des fruits à l'emballage, nous pouvons améliorer de façon notable la qualité du fruit en sortie. Et c'est primordial car les comportements des acheteurs évoluent. Le consommateur est plus exigeant. La concurrence entre enseignes évolue et les cahiers des charges se modifient. Nous revenons à des choses plus raisonnables notamment au niveau du goût. C'est plutôt mieux ! », conclut Bruno Rouquette.