Culture

Exposition des archives départementales

Les inédits de notre mémoire

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800 mètres, soit deux tours de stade ! C’est le linéaire qu’occupent les dizaines de milliers de documents entrés aux Archives départementales entre 2012 et 2015. De cette masse d’informations, les archivistes du Département ont extrait 80 pièces remarquables, rares ou insolites. L’exposition Trésors d’Archives de Lot‑et‑Garonne, de la renaissance au XXe siècle les met en lumière jusqu’au 1er avril.

Stéphane Capot ne cache pas sa fierté lorsqu’il présente aux visiteurs la pièce maîtresse de l’exposition Trésors d’Archives de Lot‑et‑Garonne, de la Renaissance au XXe siècle : la lettre‑autographe de Jeanne d’Albret, mère d’Henri IV. « Il s’agit de l’original ! », jubile‑t‑il. Habitué à déchiffrer les écritures manuscrites en vieux Français, il débute sans difficulté la lecture. Dans un silence solennel, chacun écoute Jeanne se plaindre au Roi des complots dont sa famille fait l’objet.


Ce document en excellent état a été retrouvé sur Internet. « Un collectionneur le mettait en vente sur un site spécialisé. Nous lui avons fait une proposition pécuniaire qu’il a acceptée», explique le directeur des Archives départementales. C’est en faisant de la veille sur la toile que les archivistes du Conseil départemental retrouvent et achètent des documents ayant une valeur historique pour le Lot‑et‑Garonne. Même mode d’acquisition pour un coffret de 14 carnets appartenant à Jean‑Baptiste Bory de Saint‑Vincent. Cet officier, naturaliste et géographe, né à Agen en 1778, notait et illustrait son quotidien dans des «carnets de voyages ». L’ensemble est lui aussi remarquablement conservé.


Autre document d’exception versé par la mairie de Marmande : un rarissime brouillon des délibérations municipales pendant les guerres de Religion. « Il s’agit des prises de notes en vue de la rédaction de l’original qui, lui, est bel et bien perdu dans la nature ! Le brouillon a tout autant de valeur historique, sinon plus, que la version finale puisqu’il décrit des situations,l’atmosphère ambiante, les humeurs des participants... Ces éléments n’apparaissent jamais dans les registres officiels. »


Ces pièces « enrichissent nos connaissances sur la vie politique, économique et sociale du département. Nous pouvons faire des parallèles entre " le passé " et le " présent " lors de débats ou de conférences...», précise Stéphane Capot. Car l’une des missions des Archives est de présenter au public son fonds. « Il en dit long sur notre patrimoine, notre mémoire collective.»


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