Marion Stalens n’immortalise pas des « choses » mais des visages chargés d’une histoire et racontant la vie. À Lavardac, elle n’a volé aucun cliché et a chéri les visages des villageois qui se sont fixés sur l’objectif. Les visages sont pour l’artiste ses « paysages favoris ». Elle l’a fait avec authenticité et bienveillance, certaine « qu’un corps peut écrire une histoire dans l’espace ». Elle a saisi ce moment unique où la personne lui a soufflé « regardez-moi, je me donne ».
Les âmes du village
Sa passion des gens faisait d’elle la personne idéale pour immortaliser cette aventure humaine voulue par la municipalité pour faire vivre le village durant l’été. « Je m’intéresse à restituer la vérité d’une rencontre, l’échange d’un regard. Mes photos sont centrées sur les humains, le sentiment qu’ils dégagent. Stars ou inconnus, je ne fais pas de différence, je cherche à capter la beauté singulière de chacun, quels que soient son origine, son âge ou son statut social », précise Marion Stalens.
C’est le comédien Alain Gautré résidant à Lavardac qui a contacté son amie photographe pour lui proposer le projet : « mettre monsieur et madame tout le monde en grand, dehors, pour faire en sorte que les gens se montrent et se voient les uns, les autres. » « L’idée, c’était de dire notre richesse, l’humain, et la montrer ». Aussi, a‑t‑elle capté toute les singularités des âmes du village, suivant son instinct, une suggestion, un conseil, une piste… Elle a traqué les échanges de regards, les portraits, les scènes de la vie quotidienne, les instants entre amis et en famille « dans cette diversité incroyable qu’est la vie ».
En « immersion totale »
De ce périple, quand elle allait sur les chemins à bicyclette, outil du « bon rythme », elle va extraire soixante portraits d’habitants, « des photos sur un mur comme des lignes sur un livre pour raconter un village ». Elle se plaît à rêver que ces portraits seront source de nouveaux liens entre les habitants.
Quant à Marion, déjà liée au Lot‑et‑Garonne par des attaches familiales, elle n’aura pas eu le temps d’y lézarder, tant elle aura été « en immersion totale » à Lavardac, portant à chacun une attention entière et essuyant parfois une larme au récit d’une vie. Elle saluera également « l’audace du projet ». À l’évidence, dans « cet endroit entre tous les mondes », Marion Stalens aura laissé une part de son cœur.
L’artiste : Marion Stalens Visages de Lavardac
Point de vue : Michel Masset