Culture

Sculptrice

La longue marche d’Hannah

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Pour hannah, la sculpture c’est exprimer une pensée, un sentiment, un ressentiment.

De la Chine à Monflanquin, Hannah Guo Zhi Min a parcouru un long chemin pour inverser son destin, déchirer la muraille qui l’étouffait et laisser s’échapper cet ADN artistique qui l’habitait. Aujourd’hui, elle sculpte sa vie dans la bastide lot‑et‑garonnaise au travers de ses œuvres.

Polyglotte, bardée de diplômes, Hannah Guo Zhi Min quitte son pays en 2002, refusant de consumer une existence qu’elle juge banale. Artiste innée, musicienne, chanteuse, la jeune Chinoise comprend vite que son talent est mis au service des autres. Si la musique est son premier amour, quand le sien la quitte, elle se tourne vers la sculpture pour modeler sa propre vie avec la terre de ses songes. Elle avoue volontiers que « l’art plastique est un don ». Un don qu’elle possède car en peu de temps, elle sculpte la terre cuite et le bois, dessine à l’encre de Chine, peint avec un vrai talent.


« Pour être un véritable artiste, il faut aller à la recherche de la beauté, de la vérité, de l’amour. » Forte d’une rebelle sensibilité et d’un affectif souvent trahi, Hannah affirme : « Je suis un vrai sculpteur. Mais, si je n’étais pas en plus musicienne, je ne pourrais pas l’être. La sculpture ce n’est pas uniquement faire un objet. Son vrai but est d’exprimer une pensée, un sentiment, un ressentiment. » En témoignent ses périodes « Fragments de Tendresse », « Le Temps des Rêves » qui expriment tantôt des fragments de tendresse avec « ses mains à lui, son corps à elle », tantôt la beauté, la sérénité, la féminité entre demi‑sommeil et abandon. Autant de reflets de la vie d’Hannah également exprimés dans sa série « Music is my first love », où « le musicien réveille l’amour de l’instrument qui seul n’a pas de vue ».


Un talent inné


Installée depuis un an dans son atelier Musasculpta de Monflanquin, Hannah y a déjà réalisé une soixantaine d’œuvres, très vite repérées par des collectionneurs ou des artistes. Soprano et pianiste, elle donne aussi des récitals. Ses mains pianotent sur ses sculptures, à fleur de peau, avec une sensualité non dissimulée.


Elle entend aujourd’hui changer de dimension. Sans doute n’est‑elle pas encore allée au bout de son souffle ? « J’ai besoin de formats monumentaux. Certaines de mes sculptures sont déjà plus hautes que moi mais je ne veux pas en rester‑là. Si je ne chante pas, je m’abîme, si je ne déploie pas ce don de l’art plastique, je vais étouffer. »


Elle est « comme quelqu’un qui apprend le piano et qui deux ans après joue un concerto de Tchaïkovski ». L’inné c’est sans doute cela. Dans un monde qu’elle considère « dégradé et sans repère », le respect pour l’art s’impose comme une évidence. Ses sculptures chantent comme elle. À nous de les écouter pour comprendre Hannah qui voulait changer de vie.


Expositions Les à-côtés d'Hannah : cours de dessins, peintures et sculptures


L'atelier d'Hannah en images