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Les communes jumelles de Lot‑et‑Garonne et du Haut‑Rhin

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Le Lot‑et‑Garonne et le Haut‑Rhin entretiennent des liens très forts depuis près de 80 ans. Alors que 46 enfants de CM1 et CM2 du Mas viennent de rentrer d’un séjour à Biesheim, c’est une délégation de 17 élus haut-rhinois qui séjourne dans le département en juillet.

De la nécessaire cohabitation de 1939, il reste des liens indélébiles d’amitié. Ils se traduisent notamment par le jumelage de 16 communes et les échanges réguliers des deux départements.


Seize communes du département ont un double panneau d’entrée d’agglomération : un indique la ville dans laquelle entre le conducteur, l’autre mentionne sa « jumelle » dans le Haut-Rhin. Par exemple, à côté du panneau « Castillonnès » est apposé celui de « Soultzeren »… L’origine du jumelage des communes et des départements de Lot‑et‑Garonne et du Haut-Rhin remonte à 1939.


Le 1er septembre de cette année‑là, près de 600 000 Alsaciens furent obligés de partir car ils habitaient en bordure immédiate du Rhin, dont la rive gauche avait été remilitarisée par Hitler en 1936. Se préparant au pire, l’administration française avait prévu d’évacuer les villes et villages frontaliers vers une destination restée secrète jusqu’au dernier moment. C’est donc le jour de la mobilisation générale que 450 000 familles furent évacuées vers le Sud‑Ouest : Dordogne, Haute‑Vienne, Lot‑et‑Garonne, Gers, Landes… Au moins 39 000 Haut‑Rhinois achevèrent leur voyage en gare de Marmande et d’Agen. De là, des autobus et des camions les transportèrent jusqu’à leur village d’accueil.


« Le départ n’était pas préparé. On en avait vaguement parlé… Ça menaçait du côté de l’Allemagne… On l’a su au moment de la déclaration de la guerre. On nous a dit : " il faut que vous partiez dans les 2 heures ". On a quitté Biesheim en laissant les clés sur les portes pour loger les soldats français. Ma mère a pris une valise et a préparé nos cartables avec du linge de rechange en disant " au moins vous aurez ça " ». Marlène avait alors 10 ans. En 2009, pour les 70 ans de l’évacuation, elle avait souhaité témoigner (ci‑contre) pour que les jeunes n’oublient pas.


D’autres Alsaciens revenaient sur les conditions du voyage (6 jours d’affilée dans des trains à bestiaux, à même la paille, ou dans des wagons, mangeant des « gâteaux de soldats ») puis, l’arrivée dans les communes d’accueil où il a fallu improviser pour donner un « toit » aux réfugiés. Haut-Rhinois et Lot‑et‑Garonnais ont dû apprendre à se connaître, à se faire confiance, à s’apprivoiser… Après la guerre, certains ont choisi de rester pour fonder une famille, d’autres ont voulu retrouver leurs racines. Aujourd’hui, il reste un jumelage actif entre 16 communes et les deux départements.


Témoignages - Alsaciens, l'exode intérieur Archives départementales - Expo « Évacuation et accueil »