Hélène Erlingsen-Creste a été promue chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur le 1er janvier dernier. Pour celle qui s’inscrit dans une lignée d’hommes médaillés, cette rosette est un symbole fort ! Son père Clovis Creste l’a, en effet, reçue à titre posthume, car « mort pour la France », 61 ans auparavant.
Approcher Hélène Erlingsen-Creste, c’est marcher avec elle sur les braises du souvenir. C’est imaginer une petite fille de six ans quittant l’Algérie avec sa mère, jeune veuve, pour regagner Agen et leur famille. C’est suivre, avec une foule immense, l’enterrement de ce père héros. C’est accompagner sa mère fleurir la tombe au cimetière de Gaillard. C’est vivre douloureusement la mort de cette maman l’été dernier, l’exhumation de son père, de son cercueil en zinc de l’armée, puis l’incinération de ses parents enfin réunis. Et, parce qu’ils ont vécu un amour fusionnel et qu’elle les a tant aimés, Hélène a traversé la vie avec ce sentiment d’injustice et d’incompréhension. Se tourner vers l’autre fut sans doute une sorte de thérapie. Écrire, une résilience.
Elle n’a rien oublié de son enfance et c’est à travers sa vie de journaliste, qu’elle a perpétué et « fouillé » les sujets de notre histoire, potassé les enjeux de société, sillonné les lieux mémoriaux. Ensuite, elle est devenue assesseur à la Maison d’arrêt d’Agen dans les commissions disciplinaires et conciliatrice de justice*.
Très souvent bénévole dans des associations, Hélène a donné de son temps dans plusieurs domaines. «Il paraît que mon dossier était ˮtrès transversalˮ. » Selon elle, notre société tend à devenir plus juste avec les femmes. « Avant, cette décoration était surtout remise aux hommes. »
Aucune prétention pour celle qui a vécu dans une tradition française. Hélène dit simplement avoir eu de la chance d’avoir des parents exceptionnels de courage et de loyauté qui lui ont montré l’exemple.
*Ses écrits : L’Abime carcéral, Max Milo 2014 ; Défendez-vous grâce à la conciliation de justice, Les Puits Fleuris 2018.
Son parcours
Bibliographie