Ça bouge

FILM « EN GUERRE »

Du Lot‑et‑Garonne au festival de Cannes

05_XCG9836.jpg

Mardi 15 mai, de nombreux regards lot-et-garonnais étaient tournés vers Cannes et sa montée des marches. Le réalisateur Stéphane Brizé et Vincent Lindon, entourés d’une partie de l’équipe du film « En Guerre », nous ont fait vibrer par écrans interposés au moment de la projection officielle accueillie par une salve d’applaudissements de 17 minutes ! Retour sur une formidable aventure humaine et artistique née en Lot‑et‑Garonne.

« La claque », l’expression revient souvent dans la bouche des spectateurs à l’issue de la projection. Stéphane Brizé a conçu son film comme un documentaire mais lui a donné la force du 7e Art. C’est ce mélange savamment dosé qui lui donne sa singularité, ce parti-pris trouvant son pendant dans le choix d’un casting essentiellement composé d’acteurs non professionnels autour de Vincent Lindon. « Concernant le travail avec des acteurs non professionnels, ils apportent une vérité au verbe que je leur donne à dire, la vérité de leur vécu. Et ça, c’est colossal », se plaît à souligner le réalisateur.


La réussite du film réside dans sa capacité à mettre en scène la complexité du monde, entre réel et fiction, faits et extrapolations, ici et ailleurs. Ça se passe en Lot-et-Garonne, ça se passe dans un département rural où une usine disparaît au détriment de 1 100 salariés… ça se passe en fait dans un territoire de France touché comme tant d’autres par la désindustrialisation galopante. La réussite du film réside donc aussi dans ce dépassement, qui en fait un marqueur de son temps.


Histoire collective et élan populaire


Le film « coup de poing » reflète l’intensité d’un tournage qui n’a duré que 23 jours. Cette énergie palpable est sans aucun doute le résultat d’une implication de tout un territoire, à commencer par celles et ceux directement touchés par le drame (à tous les sens du terme) d’un sacrifice industriel sur l’autel de la rentabilité.


Le tournage a mobilisé localement 1 900 cachets figurants et silhouettes, à l’issue d’un casting d’ailleurs assuré par trois lot‑et‑garonnais Géraldine Loubet, Séverine Charrié et Benjamin Borderie. Alors, forcément, entre les souvenirs ravivés et la puissance d’une expérience de tournage, ça crée des liens ! Ce film est de ce point de vue aussi le legs de tout un département à la mémoire industrielle et sociale de notre pays.


Le Bureau d’accueil de tournage : le plus qui fait la différence


De retour de Cannes, Stéphane Brizé l’affirmait haut et fort : « Avec le Bureau d’accueil de tournage (BAT 47), tout est plus facile en Lot-et-Garonne et cela fait la différence ». Le fait que notre département s’affirme comme une terre de cinéma aujourd’hui reconnue est dû en grande partie à cette formidable idée de son fondateur Pierre-Henri Arnstam et au travail de son directeur Hervé Bonnet.


Depuis la création du BAT 47 par le Conseil départemental en 2011, pas moins de 50 productions ont été réalisées chez nous, comptabilisant 508 jours de tournage et 2,5 millions d’euros de retombées économiques… Au-delà de ces conditions favorables, c’est aussi sans doute les qualités propres de notre territoire qui en font l’attrait, comme le soulignait Vincent Lindon de retour en Lot-et-Garonne le 21 mai, en parlant notamment du Fumélois : « Je n’ai jamais rien vu de plus beau que là‑bas ».


LE PROCHAIN FILM DE CÉDRIC KAHN, AVEC CATHERINE DENEUVE


Encore une excellente nouvelle pour la filière cinéma de Lot‑et‑Garonne ! Le prochain film de Cédric Kahn, avec Catherine Deneuve dans le rôle principal, aura pour décor le Lot‑et‑Garonne, et plus précisément les villes de Nérac et de Marmande. Le travail fourni par le Bureau d’accueil de tournage 47 porte une nouvelle fois ses fruits puisque le film sera tourné en intégralité en Lot-et-Garonne, à savoir près de 7 semaines de tournage à partir du 19 juin.


Le film en images Séance exceptionnelle Le Département s'engage Bande-annonce du film Exposition Le 47, terre de cinéma Le mot de Catherine Joffroy

Bande-annonce du film