Présentation
Artiste plasticienne
diplômée de l’École
supérieure d’arts d’Aix-en-Provence en 2006, et passionnée
de peinture et de dessin depuis
son enfance, Léa Dingreville aime
montrer ceux (et ce) que l’on ne
voit pas, à travers la technique du
portrait. « L’observation profonde
du modèle me permet de me
détacher des proportions, de la
forme et de me concentrer sur
les expressions, les couleurs
et les sensations. Les portraits
permettent de représenter et de
valoriser les invisibles de notre
société (les personnes âgées,
les personnes en situation de
handicap, les atypiques, les
détenues, les migrants…), puis de
réaliser des oeuvres artistiques
rendues visibles grâce aux
expositions. Dans ce contexte
artistique, la rencontre avec
l’autre est essentielle », explique
l’artiste lot-et-garonnaise. Elle
s’est lancée, dès 2022, dans un
projet de réalisation de portraits
de seniors intitulé Je ne suis pas
qu’un vieux*. Après une première
exposition de 15 portraits, la série
s’est poursuivie en 2023 avec
6 nouveaux seniors rencontrés
à Amassat (Association pour
le maintien de l'autonomie
des seniors) de Saint-Sylvestre
et à l’Ehpad (Établissement
d’hébergement pour personnes
âgées dépendantes) « Soleil
d’automne » à Tonneins.
Bénéficiant d’une subvention
de la Conférence des financeurs
de la prévention de la perte
d'autonomie des personnes âgées
présidée par le Département,
ce projet artistique a vu le jour
à partir d’un constat : « Les
personnes de plus de 75 ans
sont peu présentes dans l’espace
public et médiatique. Elles
sont souvent représentées de
façon stéréotypée et un nombre
important souffre de solitude et
de manque d’attention. À travers
ce projet, je souhaitais mettre la
vieillesse au cœur de la société,
non comme un tabou à cacher,
mais comme une étape de vie
riche et signifiante. Les portraits et
entretiens collectés sont donc le
résultat de ma démarche de mise
en valeur des personnes âgées du
Lot-et-Garonne et constituent un
témoignage de la réalité de nos
aînés », détaille Léa.
C’est donc équipée de son
matériel de dessin, et d’un
enregistreur audio, qu’elle a
pris le temps de rencontrer ces
seniors pour coucher sur papier
un portrait mettant en lumière
leurs différentes émotions. Ce
travail artistique nécessite, au
préalable, de créer une relation de
confiance. Alors la plasticienne
commence toujours par tisser
un lien avec les seniors avant
de lancer ses premiers coups
de crayon. « Nos rencontres se
faisaient en tête-à-tête avec
beaucoup d’échanges afin de
créer un lien entre nous et de
ressentir les émotions. Nous ne
sommes pas sur des portraits
fidèles aux proportions. Je
cherche plutôt à capter l’attitude
et à la dessiner en travaillant au
pastel aquarellable avec beaucoup
de couleurs (notamment bleu-violet-vert). Certains traits sont
flous, d’autres plus appuyés et
les portraits peuvent être de
différentes dimensions, petits
ou grands. Tout dépend de la
rencontre et de nos échanges. Il
s’agit de trouver le juste équilibre
entre les proportions et les
expressions », souligne l’artiste
plasticienne. En partageant son
travail au fur et à mesure de son
avancée, elle crée aussi un effet
de surprise chez les seniors.
Léa Dingreville ajoute à ce
travail graphique une dimension
radiophonique. En effet, elle
propose aux visiteurs des
expositions de flasher des QR
Codes ou de mettre des casques
disposés à côté des dessins
afin d’écouter des extraits des
entretiens avec les seniors ou des
passages d’interview réalisés avec
radio Bastides, dont les studios se
trouvent à Villeneuve-sur-Lot. Ils
peuvent ainsi plonger au coeur du
travail et des échanges réalisés
par la plasticienne.
* L’exposition « Je ne suis pas qu’un
vieux » se tient encore jusqu’au
5 février au Hang’Art à Agen. Elle sera
aussi du 15 au 30 mars au café culturel
Descaratz, Tour de ville, à Monflanquin.
Le mot de Léa Dingreville