Le Département a mis en place fin 2023 son
laboratoire d’idées dédié au changement
climatique. Ce groupe de réflexion et de
veille est composé d’élus, de scientifiques
et d’experts. Il se réunira plusieurs fois par
an pour mettre en lumière des techniques
novatrices existantes.
Le 1er « Atelier des
transitions » a eu lieu le 16 novembre.
Présentation
Depuis plusieurs années,
le Département a intégré
les problématiques liées
au changement climatique
dans les politiques qu’il mène.
Pour appuyer son action, il
a déclaré en 2021 le Lot-et-Garonne en urgence climatique.
La succession d’épisodes
climatiques dévastateurs (gel,
inondation…) pour le territoire, ses
habitants et son économie ont
confirmé la nécessité d’agir pour
enrayer et surtout s’adapter aux
changements à venir.
Le Département agit déjà en
réorientant ses dispositifs
d’intervention vers
l’accompagnement à une
agriculture plus résiliente et une
économie décarbonnée. Pour
rester en éveil sur les innovations
dans le domaine, il a mis en
place en 2023 un laboratoire
d’idées dédié au changement
climatique. Un groupe de réflexion
et de veille, regroupant des élus
départementaux, des scientifiques
et des experts locaux se réunira
3 fois par an lors de l’Atelier des
transitions sur des thématiques
bien définies. Des spécialistes
seront conviés pour réfléchir
ensemble aux solutions de
demain pour notre territoire. Les
résultats de leurs travaux seront
mis en ligne.
Jean-François Berthoumieu,
climatologue et directeur de
l’ACMG (Association climatologique
de Moyenne Garonne) a été
le premier spécialiste à intervenir
lors du 1er Atelier des transitions
du 16 novembre. Il a présenté deux
solutions innovantes permettant
de « faire de l’or avec un déchet
agricole ou industriel » : le Plasmachar,
expérimentation menée avec
l’Institut national de la recherche
agronomique (Inrae) à partir de la
poudre de carbone produite lors
de la production d’hydrogène et
le Biochar. Il s’agit d’un matériau
issu de la pyrolyse des déchets
végétaux de l’agriculture. Son
avantage est double : amélioration
de la qualité des sols et séquestration
durable du carbone. S’il est
aujourd’hui coûteux à produire, le
Biochar a de nombreuses qualités :
meilleure rétention de l’eau dans
les sols, évitant ainsi leur lessivage
en hiver et augmentant leur
taux d’humidité en période sèche ;
captation de l’azote et des nutriments
sur le long terme, limitant
les besoins en engrais ; stockage
durable du carbone dans les sols,
donc réduction des émissions de
Co2 ! C’est bien là l’un des objectifs
à atteindre.
Reste à voir maintenant s’il
est possible de produire du
Biochar en local. Les souches
des pins issus des forêts
d’exploitation, qui ne manquent
pas en Lot-et-Garonne,
pourraient être une matière
premier intéressante. Du côté
de la technique, est-il possible
ou envisageable d’implanter
un pyrolyseur en Lot-et-
Garonne ? Ce four industriel
transformerait le végétal en
charbon. Contrairement aux
idées reçues, la transformation
en charbon présente un bilan
positif en énergie et n’émet
pas de Co2. La pyrolyse est
en effet une combustion en
l’absence d’oxygène et produit
des composés combustibles qui
peuvent servir à la génération
d’électricité ou de chaleur.
Les membres de l’Atelier des
transitions suivront de près les
initiatives qui pourraient être
mises en place.
Prochain Atelier