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Arts et lettres

Alain Glayroux, le Chevalier

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Alain Glayroux a été nommé Chevalier des Arts et des Lettres en juillet dernier. Une distinction qui honore le travail de mémoire réalisé par cet autodidacte issu d’une famille modeste. Une reconnaissance pour l’ouvrier de la Manu de Tonneins* passionné d’histoire, faisant ressurgir les mémoires oubliées.

Comment accueillez-vous cette distinction ?

Avec toute la solennité qu’elle mérite, mais pour autant il faut rester humble. Le 19 juillet, date de la remise de cette distinction à Paris, au Sénat et à l’Assemblée nationale, restera pour moi une journée mémorable. Je souhaite d’ailleurs remercier chaleureusement les personnalités locales, qui ont déposé ma candidature auprès de la section des distinctions honorifiques du Conseil de l’Ordre des Arts et des Lettres. Cette instance a ensuite estimé que j’étais « digne d’être distingué ».


Vous êtes autodidacte. Comment êtes-vous arrivé à l’écriture ?

J’y suis parvenu, sous l’influence de mon épouse, grâce à la lecture mais aussi à toutes les recherches que j’effectue depuis 40 ans dans des lieux que j’affectionne particulièrement comme les Archives communales, départementales ou nationales. Les particuliers m’ont également ouvert leurs archives. Ces rencontres humaines qui jalonnent ma vie ont été et sont encore déterminantes pour moi. Je rends un hommage tout particulier à l’historien local tonneinquais Bernard Lareynie, disparu trop tôt, avec lequel j’ai fondé le bimestriel La Mémoire du Fleuve, revue consacrée à l’histoire locale.


Comment définiriez-vous ce mot « culture » qui fait aujourd’hui partie intégrante de votre vie et dans quelle philosophie l’inscrivez-vous ?

La lecture et l’écriture sont pour moi un exutoire au quotidien. La culture n’est pas réservée à une élite et j’apprécie que tous les citoyens puissent se l’approprier. La culture nous sauvera de l’obscurantisme.


Quels sont vos sujets de prédilection ?

J’ai une priorité qui est de donner la parole, dans mes ouvrages, à tous ces gens du peuple, trop souvent oubliés des livres d’histoire. Je m’attache à ceux qui ont fait l’Histoire ou qui sont trop discrets pour faire valoir leur courage. Ainsi, des ouvrages tels que Mémoires et Traditions ouvrières en Lot‑et‑Garonne ou Portraits de Poilus du Lot‑et‑Garonne leur rendent hommage.


Avez-vous des projets en cours ?

Je travaille sur le numéro 60 du bulletin de La Mémoire du Fleuve et je rédige actuellement le tome II de Portraits de Poilus du Tonneinquais, un livre d’environ 540 pages dont la parution est prévue pour 2018. Sans oublier, à quatre mains avec Annie Timbaut-Rapin, un livre sur les gens du voyage.


* SEITA ou Manu de Tonneins : manufacture des tabacs fermée fin 2000.


Ordre ministériel des arts et des lettres