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Un abri et du répit

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Les logements intermédiaires d’Habitalys offrent un cadre de vie agréable et confortable pour se reconstruire. © DR

Le premier hébergement intermédiaire destiné aux femmes victimes de violences est opérationnel depuis fin novembre. Il y en aura, au total, 12 répartis sur l’ensemble du Lot-et-Garonne. Bien plus qu’une solution d’urgence, ils permettent aux femmes de pouvoir trouver un havre de paix, de se reconstruire à leur rythme et d’envisager un nouveau parcours de vie. Explications sur cette action portée par le Conseil départemental et le bailleur social Habitalys.

Bien souvent les femmes victimes de violences quittent leur domicile. Elles trouvent alors refuge dans des centres d’urgence sur des périodes plus ou moins longues. En moyenne, elles y restent 6 mois. Elles y trouvent un accompagnement renforcé avec des professionnels de qualité et surtout, elles s’y sentent en sécurité. Mais, certaines femmes n’iront pas spontanément dans ces centres. C’est là que le dispositif mis en place par le Département et Habitalys prend tout son sens en apportant une solution intermédiaire et de repli. Les deux partenaires sont en train de construire un réseau de 12 logements intermédiaires sur l’ensemble du territoire.

Ils seront situés sur les communes de Casteljaloux, de Foulayronnes, de Fumel, de Marmande, du Passage, de Tonneins et de Villeneuve-sur-Lot. « Les adresses seront tenues confidentielles et le parc ˮtournantˮ pour assurer la sécurité des occupantes », précise Marie-France Salles, vice-présidente du Conseil départemental et présidente d’Habitalys.

Ces hébergements, d’ordinaire proposés à la location, seront uniquement destinés aux personnes vulnérables, seules ou avec enfants. Le premier à avoir été opérationnel est celui de Marmande. À l’instar de celui-ci, les 11 autres logements seront remis en état, équipés et meublés. Objectif : offrir un cadre de vie agréable et confortable. C’est bon pour le moral de la personne ainsi accueillie qui peut commencer à se reconstruire, à se poser dans un endroit chaleureux et réconfortant, et ainsi envisager un nouveau départ sans contrainte financière liée au loyer.

Les personnes à loger d’urgence seront identifiées et orientées vers le dispositif par des associations de lutte contre les violences faites aux femmes. Elles pourront également bénéficier d’un accompagnement et d’un soutien répondant à leurs besoins spécifiques. Le plus souvent, elles seront accueillies par les associations partenaires ou les communes. Tout est fait pour qu’elles soient rassurées et mises en confiance.

Un havre de paix

Maison des femmes de Villeneuve-sur-Lot
La Maison des femmes à Villeneuve-sur-Lot offre un lieu de ressources aux femmes victimes de violences. En tant qu’accueil de jour, elle reçoit les femmes souhaitant trouver un havre de paix l’instant d’une journée. Cuisine, salle de bain, machine à laver, lit, petit mobilier pour les bébés et les enfants, jouets et livres… tout est fait pour que les personnes accueillies se sentent bien et comme « chez elles ». Elles peuvent également bénéficier d’entretiens avec des professionnels, participer à des ateliers de loisirs et de re-socialisation.

Certaines pièces de cette belle maison bourgeoise (notamment la cuisine et la salle de bain) ont besoin d’un sérieux coup de lifting. Les travaux d’un montant de près de 50 000 € seront financés grâce au budget participatif citoyen mis en place par le Département en 2020. « Notre projet a obtenu l’adhésion du public. Grâce à lui, nous pouvons rénover la maison. Nous pensons que les femmes dont nous nous occupons méritent un lieu à la hauteur de leur courage, de leur résilience, et des espoirs qu’elles portent, pour elles et leurs enfants, et que nous portons nous aussi », explique Colette Valat, présidente de la Maison des femmes.

Une étude pour libérer la parole

Cabinets de médecine
« Trois à quatre femmes sur dix se présentant en consultation de médecine générale en France seraient victimes de violences conjugales. Ces problèmes de violences ne sont connus du médecin que dans moins d’un cas sur trois, et plus de la moitié des victimes d’agression sexuelle n’a fait aucune démarche auprès d’un médecin ou d’une association », expliquent Élise Billaux, Amélie Laxenaire et Marion Laffaye, jeunes diplômées en médecine générale et auteur de la thèse « Violences conjugales : Osons ! » Pour rédiger leur thèse, elles vont s’appuyer sur les résultats d’une étude qu’elles débuteront dans le premier semestre auprès de 110 médecins (soit 30 cabinets lot-et-garonnais). Les femmes majeures venant en consultation seront invitées à répondre à un questionnaire anonyme. Objectifs à court et long termes : « estimer la prévalence des situations de violences intra-familiales, mesurer l’impact de l’outil d’auto-évaluation sur la prise de parole par la patiente, mieux préparer le généraliste à l’accueil et la prise en charge de ces personnes… »

Intervention sociale en commissariat et gendarmerie