À la une

Transmettre

Se souvenir pour avancer

page-9---csm_Denise_Baratz_34e1366076.png

Comme en toute matière, on peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Dans l’Histoire, finalement, les avancées concernant l’égalité femmes/hommes sont relativement récentes. Souvenons-nous que ce n’est qu’en 1946 qu’est adopté le principe constitutionnel garantissant aux femmes des droits égaux à ceux des hommes et ce dans tous les domaines. Et ce n’est que lors de la révision constitutionnelle de 1999 qu’est introduit le principe de parité ! L’égalité entre les femmes et les hommes a connu depuis des hauts et des bas, des accélérations, des moments de stagnation… C’est pourquoi il est indispensable de savoir regarder notre histoire en face, en replaçant les choses dans leur contexte bien sûr, mais sans jamais oublier d’où l’on part.

La guerre n’est pas qu’une histoire d’homme, de virilité et de force. C’est aussi une histoire de courage et de solidarité. Une histoire de femmes. En Lot-et-Garonne (comme partout en France), bon nombre de femmes n’ont pas hésité à mettre leur vie en péril (certaines l’ont même perdue) au nom de la liberté. Leur contribution à « l’effort de guerre » a eu des effets considérables, certainement sur l’issue du conflit, et pour sûr, sur la vie de nombreuses personnes : les maquisards, les résistants, les familles juives cachées en Lot-et-Garonne… Damira Titonel-Asperti (1923-2011) disait « la solidarité, c’est la seule chose qui pouvait nous empêcher de mourir ». Qu’elles soient secrétaire de mairie comme Lucienne Deguilhem (1898-1980), médecin comme Madeleine Pauliac (1912-1945), institutrice comme Denise Baratz (1921-2014), tout simplement jeune résistante d’à peine 18 ans comme Rosine Bet (1924-1944), elles forcent le respect et l’admiration. Ces héroïnes du quotidien, d’un temps passé, ont choisi l’entraide et ont choisi de se battre pour la liberté. C’est grâce à des personnages de cette envergure que notre histoire s’est construite. Il est nécessaire de se rappeler de leurs actes et de leur courage. En publiant leur portrait et leur histoire, à la date symbolique du 8* de chaque mois, le Département oblige chacun de nous au devoir de mémoire. Mais au-delà, il participe à la transmission de valeurs fortes : entraide et solidarité.

La situation actuelle n’est pas comparable à celle de la première moitié du XXe siècle. Des femmes se sont battues aux côtés des hommes pour la liberté et se sont également battues pour être reconnues, pour avoir des droits. Leur engagement et leur détermination ont payé puisqu’elles obtiennent le 21 avril 1944 le droit de vote et d’éligibilité dans les mêmes conditions que les hommes. Autres périodes, autres combats, autres victoires : 1965, les femmes peuvent exercer une profession sans l’autorisation de leur mari ; 17 janvier 1975, l’avortement est dépénalisé…

*8 mars : journée des droits des femmes

En prévision du 8 mars